La sagesse des foules

La sagesse des foules

Le livre La sagesse des foules est resté dans ma bibliothèque un long moment. Je m’attendais à quelque chose sur le financement participatif et la puissance de l’internet, mais j’ai été surpris.

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James Surowiecki a réussi à expliquer une idée vraiment sympa (qui est en réalité assez ancienne), en utilisant beaucoup d’exemples qui datent de l’époque pré-internet. Il est rédacteur pour The New Yorker, et son livre a été publié en 2004.

Voici mes 3 règles :

  1. Les grandes foules prennent de meilleures décisions que les individus seuls
  2. Un comportement moutonnier affaiblit le pouvoir de décision des foules
  3. Pensez davantage comme un piéton

Prêt à devenir plus intelligent ? C’est parti !

Règle n°1 : les grandes foules prennent de meilleures décisions que les individus seuls

Quand Francis Galton a visité la foire aux bestiaux en 1906, il ne s’attendait pas du tout à ce qu’il a vu. Plus de 800 participants ont tenté de deviner le poids d’un bœuf.

En bon scientifique, Francis Galton a regardé de près les données statistiques (ce qui n’est pas une mince affaire sans Excel), et s’est rendu compte que personne n’avait deviné le poids exact du bœuf (qui était d’environ 543,40 kilos).

L’estimation la plus proche du poids exact du bovin était 547 kilos environ, soit 4 kilos de plus.

Pourtant, quand M. Galton a calculé l’estimation moyenne du poids par les participants, il fut abasourdi : 542.95 kilos. La foule en tant que tout, s’était seulement trompée de 45 grammes.

Ce phénomène persiste, même si les concours de ce type sont un peu passés de mode.

Un exemple moderne serait celui de Wikipédia. Alors qu’aucun individu ne pourrait seul, fournir toutes ces informations pour l’article de M. Galt sur Wikipédia, la puissance combinée du modèle de contributeur ouvert de Wikipédia a permis de créer un rapport solide sur cet homme.

Règle n°2 : Le comportement moutonnier affaiblit le pouvoir de décision des foules

Parfois, bien qu’ils soient grands et hétérogènes, les groupes prennent de mauvaises décisions. Une des raisons de cette mauvaise prise de décisions peut être un comportement moutonnier.

Les humains sont des êtres sociaux, et il est donc naturel que nous nous sentions plus en sécurité en suivant l’opinion commune de la foule. Cela nous permet de nous fondre dans la masse et nous empêche de passer pour un idiot ou même d’être exclu du groupe.

Vous souvenez-vous quand vous disiez à vos parents que vous deviez « rester jusqu’à minuit à la fête de Jake, parce que tous les autres restent aussi tard » ? Oui, c’est de ça que je parle.

A noter : Ce qui est cool avec cet exemple, c’est que ça marchait si tout le monde le disait à ses parents, alors qu’aucun n’avait accepté à l’origine que leur enfant reste dehors aussi tard 😀

Deux facteurs renforcent cette tendance naturelle qui est la nôtre :

  1. La preuve sociale
  2. Le rang social

La preuve sociale est ce que la plupart des sites web utilisent aujourd’hui pour vous faire acheter leurs produits. Elle peut se présenter sous la forme d’un « nombre X de clients », « rejoignez 40 000 abonnés », ou du nombre de personnes ayant soutenu un projet Kickstarter de semelles imprimées en 3D.

Si nous savons que les membres d’un groupe ont utilisé un certain service ou font confiance à une personne, il est plus facile pour nous de faire confiance à la même marque ou au même individu.

Cependant, cela ne marche pas quand nous acceptons une preuve sociale et qu’elle remplace une réflexion qui nous est propre.

De la même manière, la hiérarchie peut avoir une grande influence sur le fait que nous suivions ou non le troupeau.

C’est qui arrive tout le temps en politique, où une minorité est autorisée à parler, alors que le groupe entier doit prendre une décision, comme au Bundestag, l’assemblée parlementaire de la République d’Allemagne, ou au sénat américain.

Parce qu’on reconnait au leader une certaine autorité, nous suivons son opinion. Le pire scénario possible dû à un comportement moutonnier a été vu lors du suicide de masse de Heaven Gate’s (un mouvement religieux ufologique sectaire), dans lequel 39 adeptes ont suivi leur gourou dans la mort pour être emmenés loin de la Terre par les OVNI.

Même si nous sommes plus intelligents en groupes, nous devons toujours penser indépendamment des autres et nous faire notre propre opinion. Ce n’est que de cette façon que le groupe prendra la meilleure décision.

Règle n° 3 : Vous devriez penser davantage comme un piéton

Pourquoi les groupes travaillent-ils en premier lieu ? Parce qu’ils se coordonnent automatiquement, à condition que chacun s’occupe des autres.

Par exemple quand vous marchez dans la rue.

Lorsque vous vous promenez, est-ce que vous vous cognez tout le temps contre d’autres personnes ? Bien sûr que non !

Vous vous adaptez au groupe et vous marchez plus ou moins vite, afin d’éviter de heurter les gens, et vous anticipez également l’endroit où vont les autres, afin de pouvoir les dépasser à gauche ou à droite.

A noter : Avez-vous déjà remarqué combien il est difficile de dépasser quelqu’un une fois que vous avez établi un contact visuel ? Une fois que nous remarquons consciemment qu’une personne s’approche de nous, l’échange devient un échange individuel, et il n’y a pas de groupe auquel s’adapter. C’est pourquoi vous pouvez vous retrouver à aller à gauche, à droite, à gauche, pour finir par passer devant la personne que vous venez de regarder.

Ce résumé fait une grande analogie avec la vie : les personnes qui regardent là où les autres veulent aller, atteignent leurs propres objectifs plus rapidement.

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Pensez donc un peu plus comme un piéton, et tout le monde y gagnera !